Cherbourg-Octeville (50)
Cherbourg : des explosifs artisanaux jetés des fenêtres
Les sapeurs pompiers de Cherbourg-Octeville ont dû intervenir sur la place Cornouaille ce jeudi 27 août à 17h05. Prévenus par les policiers, ils sont venus neutraliser une bouteille en plastique remplie de poudre d'aluminium et d'acide. Cet assortiment explosif et toxique a semble-t-il été lancé d'une des fenêtres des immeubles avoisinant. Treize pompiers ont été dépêchés, dont cinq spécialistes des produits chimiques. L'opération s'est bien déroulée. D'après les dires des habitants du quartier, ce type denuisance s'est multiplié depuis quelques jours ne créant pour l'instant aucun blessé.
(27 Août 2009) Source: La Manche Libre
Cherbourg : des apprentis sorciers jouent avec le feu
Jets de bouteilles : explosives dans le quartier sensible des Provinces, à Cherbourg : cas isolés ou effet de mode ?
Cadavres de bouteilles jonchant le parking, détonations inopinées tout au long de la journée, nuages de fumée nauséabonds... Que se passe-t-il au pied de l'immeuble H100, en plein centre du quartier des Provinces, à Octeville ?
Entre le mardi 25 et le jeudi 27 août, des individus n'ont pas trouvé d'autres occupations que de jouer aux apprentis chimistes (voir repère ci-dessous). Depuis les fenêtres d'immeubles, de petites bombes artisanales ont été jetées à plusieurs reprises.
La formule est des plus simples : une bouteille en plastique remplie de papier d'aluminium ou de poussière d'aluminium, mélangé avec de l'acide chlorhydrique.
Loi du silence ou esprit de solidarité ?
Le résultat ? “Dans des proportions précises, cet alliage provoque une réaction chimique”, explique le capitaine, Jean-Yves Fouquet, chef de la cellule mobile d'intervention chimique à la caserne des pompiers de Cherbourg-Octeville. “La décomposition de l'acide chlorhydrique avec l'aluminium crée un dégagement d'hydrogène et de chlore. La bouteille, fermée au préalable, monte en pression et finit par exploser”.
Pas de quoi faire sauter une banque, mais largement suffisant pour amputer d'un doigt, voire d'une main, une personne ou engendrer des brulûres chimiques irrimédiables si quelqu'un se trouvait juste à côté de cet explosif sommaire.
“Le principal risque est la projection d'acide”, poursuit le capitaine Fouquet. “Ces jeunes trouvent peut-être cela amusant. Mais s'ils voyaient les ravages que peut entraîner l'acide chlorhydrique sur la peau, ils ne verraient pas cela du même oeil”.
En attendant, même si personne ne cautionne de tels actes, les témoignages sur le sujet se font discrets et toujours de manière anonyme. Pour cet habitant du rez-de chaussée de l'immeuble, “la première crainte est qu'un enfant se trouve en dessous ou ramasse une bouteille qui n'a pas encore explosé. Les auteurs de ces actes ne cherchent pas à blesser. Mais à force de jouer aux apprentis sorciers, on peut finir par se brûler”.
Cet autre résident est plus vindicatif : “entre trafics multiples, actes de vandalisme ou nouvelles imbécilités telles que ces jets de bouteilles explosives, un petit noyau de jeunes voyous pourrit le quartier”. A l'heure actuelle, ce type de méfaits semble épisodique. Aucun blessé n'est à déplorer. Il est encore temps de cesser ces agissements inconscients avant qu'un accident tragique se produise. Dans le cas contraire, l'affaire pourrait continuer à prendre de l'ampleur et pousser la police à des interventions plus musclées.